Le diagnostic de gestation chez la jument

Le diagnostic de gestation chez la jument

24/05/2022

Vous projetez l’arrivée d’un poulain ? Ou votre jument a été saillie récemment et vous souhaitez différentes pistes pour déterminer si la gestation a bien lieu ? La mise à la reproduction d’une jument est un acte réfléchi qui se doit d’être accompagné au mieux.

Groomy vous propose cet article afin de vous accompagner tout au long de votre démarche.

Le choix du poulinage

Le poulinage est une bien belle aventure et un rêve pour un bon nombre de propriétaires. Les questions sont nombreuses, et les pratiques différentes. Alors comment faire les bons choix ?

La première étape consiste à s’assurer que sa jument se trouve bien en âge de se reproduire, mais le fait qu’elle se trouve également en parfaite santé est primordial !

L’étape suivante repose sur le choix de l’étalon, le catalogue est immense, à vous de sélectionner le père de votre futur poulain avec minutie et stratégie selon les caractéristiques de votre jument et le poulain que vous souhaiteriez obtenir. Selon l’étalon choisi les pratiques sont diverses, certains éleveurs ou propriétaires privilégient l’insémination artificielle (IAF, IAR, IAC) tandis que d’autres préfèrent la monte en liberté.

Le poulinage représente également un coût important, un élément à ne pas négliger. Par exemple, une saillie ne peut coûter qu’une centaine d’euros contre des milliers selon le choix de l'étalon. Les attentions médicales sont elles aussi onéreuses, avant et pendant la gestation mais aussi après la naissance du poulain même sans complications.

Le cycle de reproduction

En France, selon la race de l’équidé, la reproduction ne peut débuter qu’à partir d’un certain âge.

Si les mâles terminent leur puberté vers leurs 18 mois, les juments quant à elles obtiennent généralement leurs premières chaleurs aux alentours de leurs 24 mois, mais il va de soit de respecter la réglementation mise en place autour de l’âge minimal de reproduction.

  • Pour les juments de trait notamment et les ponettes, la reproduction peut commencer à partir de leurs 2 ans tandis que les mâles doivent, quant à eux, attendre leurs 3 ans.
  • Pour les chevaux dit « de sang », la reproduction ne peut se dérouler qu’à partir de 3 ans pour les juments, et de 4 ans pour les mâles.

Dès ses premières chaleurs la jument débute en même temps son cycle sexuel. La durée des chaleurs et du cycle peuvent alors varier suivant l’âge, la race, la période et même l’alimentation de la jument.

Cependant, ce cycle a tout de même une durée moyenne de 21 à 23 jours et se divise en plusieurs phases : une phase de chaleurs d’environ 7 jours suivie d’une phase de refus équivalente à 14 jours.

L’ovulation de la jument se déclenche en fonction de la saison, généralement pendant le printemps ou jusqu’à la fin de l’été. Cependant, la saison de monte des étalons est contrôlée puisqu’elle se déroule uniquement entre les mois de février à juillet, cela afin de limiter les naissances trop tardives. En effet, il est préconisé que le poulain naisse en avril ou en mai : des périodes où la météo et les températures sont estivales.

Découvrez notre article dédié à la compréhension du processus de reproduction chez la jument

Le diagnostic de gestation

Avant de commencer toute démarche, il est primordial de s’assurer que la jument aussi bien que l’étalon se trouvent toujours en bonne santé dans les semaines avant la saillie, cela afin de maximiser les chances de conception d’un embryon et de voir sous 11 mois un poulain naître en bonne santé lui aussi.

Une fois les démarches entamées et la saillie réalisée, il existe plusieurs méthodes pour déterminer si la jument est bien gestante. Les 50 premiers jours de gestation sont souvent les plus critiques pour la jument (le taux de perte embryonnaire se situe entre 10 et 15% dans les 30 premiers jours), de ce fait il est primordial d’être attentif à ses besoins et de faire suivre la jument par un vétérinaire.

L’absence de retour des chaleurs

La première méthode pour confirmer une éventuelle gestation consiste notamment à surveiller la jument afin de vérifier que ses chaleurs ne se renouvellent pas 15 à 22 jours après l’ovulation.

Si la jument se retrouve de nouveau en chaleur, il est fort probable qu’elle ne soit pas gestante. Dans le cas contraire, il y a des chances pour qu’elle le soit.

Pour cette méthode d’absence de retour en chaleur, il faut présenter la jument à un étalon « souffleur » le 13ème, 15ème, 17ème et 21ème jour après le refus. Cette technique est fiable à environ 70%.

La palpation rectale

Il est également possible d’effectuer des palpations rectales qui permettent, 21 jours après la saillie, de donner des réponses en détectant une déformation de l’utérus. Cet examen doit être réalisé par des vétérinaires spécialisés et être reproduit 35 et 60 jours plus tard.

La mise en évidence de l’eCG

Une autre méthode consiste à détecter la présence d’hormones eCG dans le sang de la jument (la gonadotrophine chorionique équine, dite “eCG”, est une hormone équine sécrétée par le placenta de la jument à partir du 35e jour de gestation).

L'inconvénient de cette méthode est que le dosage n’est utilisable que dans une période précise et restreinte. Celui-ci arrive un peu tardivement dans la saison de monte et peut rester positif jusqu’au 100ème jour même si la jument a avorté.

Dosage des œstrogènes dans le sang ou les urines

Il est également possible de vérifier si une jument est pleine ou non en prenant en compte le dosage des œstrogènes dans le sang ou dans les urines de la jument.

En effet, à partir d’un certain stade dans la gestation, les quantités d’œstrogènes vont augmenter et sont donc dosables dans le sang et les urines.

  • Pour le test sanguin, il faut réaliser la prise de sang à 90 jours du poulinage. Les œstrogènes diminuent 3 semaines avant le terme.
  • Pour le test urinaire, le test peut être réalisé entre le 150ème et le 300ème jour. Cette méthode est également fiable à 95%.

L’échographie

L’échographie est la méthode la plus utilisée et la plus fiable, le premier diagnostic de gestation peut se faire dans la quinzaine de jours qui suit la saillie ou l’insémination.

Cependant, vu le taux de perte embryonnaire chez la jument, il est conseillé de répéter une échographie dans la trentaine de jours suivants. Cette deuxième échographie permet de s’assurer que l’embryon est viable en vérifiant la présence d’un battement cardiaque, mais elle a aussi de nombreux bénéfices complémentaires, comme la possibilité de visualiser de potentielles anomalies ou la présence de plusieurs fœtus.

En effet, dans 3% des gestations on trouve des jumeaux. Les gestations gémellaires sont assez risquées, elles peuvent poser d’importants problèmes car les fœtus sont généralement avortés spontanément entre 6 à 8 mois de gestation. Il est donc important de détecter la présence de jumeaux le plus tôt possible, de façon à pouvoir remédier à la situation et éviter des complications à la jument.

Dans cette situation, le propriétaire pourra alors demander au vétérinaire d’éliminer l’un des deux fœtus par pincement de l’utérus à travers la muqueuse rectale.

 

L’échographie permet également de visualiser des anomalies sur l’utérus ainsi que les ovaires. Ces anomalies peuvent être la cause d’infertilité ou de subfertilité. Parmi ces anomalies, on retrouve principalement les kystes de la paroi utérine, les infections utérines, les tumeurs ovariennes ou utérines.

Enfin, cette technique permet également de vérifier que la jument n’a pas « coulé ». C’est-à-dire que la jument n’a pas avorté au tout début de sa gestation. L’avortement fait partie des complications majeures qui peuvent se produire lors de la gestation de la jument. Un avortement peut être suspecté si on observe un écoulement vulvaire, du lait coulant des mamelles ou encore si on retrouve un morceau de placenta ou même un fœtus. Dans ce cas-là, il faut obligatoirement contacter son vétérinaire car une rétention placentaire peut causer la mort de la jument.

 

Il faut alors attendre le 40ème jour pour que des membres apparaissent lors de l’échographie, puis dès le deuxième mois et jusqu’au sixième mois le fœtus commence à se former de plus en plus jusqu’à former un poulain. À partir du 8ème mois de gestation, la jument doit être au repos total afin que le fœtus termine de se développer correctement. Les poils, la crinière, la queue et les sabots apparaissent vers le 9ème mois, ce qui ne laissera plus que 2 mois au poulain pour terminer sa croissance en tant que fœtus.

Le poulain reste alors allongé sur le dos, avec la tête vers l’avant jusqu’à la fin de la gestation pour finalement se retourner complètement au moment de la mise bas afin de sortir les membres antérieurs et la tête en premier.

Une fois que le stade des 50 premiers jours est passé, la période critique prend fin, mais il est tout de même conseillé de refaire une échographie à ce moment-là.

La mise bas

Quatre semaines avant la fin de la gestation, les mamelles de la jument commencent à gonfler puis dans les derniers jours des gouttes de lait appelées « cire » se forment à l’extrémité des mamelles. Parallèlement, les ligaments du bassin ainsi que le col de l’utérus se relâchent de plus en plus : des signes indicatifs jusqu’à l’apparition des contractions. La jument commence alors à s’agiter et à avoir des sueurs abondantes sur le poitrail, l’encolure et les flancs. Les contractions de l’utérus et des muscles abdominaux sont parfois nettement visibles.

Après la naissance du poulain, la jument reste couchée pendant un long moment, durant lequel une grande quantité de sang va circuler de la mère au poulain par le cordon ombilical. Dès lors que la jument va se relever, le cordon ombilical devrait se sectionner : il faut alors en suivant nettoyer et désinfecter la partie encore accrochée au poulain appelée « ombilic ».

Les contractions de la jument reprendront pour expulser les enveloppes placentaires dans l’heure suivant la mise bas, toute rétention plus longue nécessitera la visite en urgence d’un vétérinaire afin d’éviter toute infection.

Une fois la mise bas passée, si celle-ci s’est bien déroulée, l’utérus retrouve sa taille normale sous une dizaine de jours ce qui pourra alors permettre une nouvelle saillie, en effet, les chaleurs de la jument réapparaissent généralement 7 à 12 jours après le poulinage.

Conclusion

Avoir un poulain est un long processus. Il y a plusieurs étapes à franchir durant ces 11 mois de gestation ce qui ne rend pas facile le choix de reproduction. Des difficultés peuvent survenir, c’est pourquoi il est important de se documenter un maximum avant de se lancer dans la reproduction.

Cet article tente de résumer les points importants à prendre en compte avant de se lancer et de vous informer sur les différentes techniques de diagnostic. Toutefois, certaines situations et certaines juments peuvent demander des attentions plus particulières, nous vous conseillons de faire suivre votre jument tout au long de sa gestation par votre vétérinaire.

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